La deuxième face du conditionnement


Je dois avouer qu’il n’est pas toujours facile de faire comprendre et communiquer sa pensée. C’est encore plus vrai quand on doit le faire par écrit. Toutefois la vie est juste et elle nous donne souvent l’occasion de nous rattraper.

Comment utiliser le conditionnement pour gagner de nouvelles parts de marché ? Ou encore comment utiliser le conditionnement pour faciliter l’accès au produit ? Voilà la direction vers laquelle la plupart des réactions à la suite de l’article « Conditionnez mieux vendez mieux » ont convergé. Elles ont chacune abordé ce que je qualifie comme la première face du conditionnement.

Cette face du conditionnement a non pas seulement un rôle commercial, mais aussi un rôle social que j’apprécie fort bien au regard du pouvoir d’achat de la population. Et, comme beaucoup on pu le constater, certaines entreprises font déjà usage de cette fonctionnalité du conditionnement sur le terrain.

Toutefois, cela n’a jamais été le sens dans lequel j’ai voulu aborder la notion de conditionnement. Pour recadrer mes propos, la question à laquelle j’essaye de répondre est celle de savoir : Comment utiliser le conditionnement pour accroître les occasions de consommation ? Comment utiliser le conditionnement pour accroître les quantités utilisées par nos consommateurs actuels ? Il ne s’agit donc pas de pénétrer de nouveaux segments de marché, ou alors de tenter de gagner de nouveaux clients, mais simplement de maximiser l’usage du produit par nos consommateurs actuels. Cet autre aspect, est ce que je qualifie comme la deuxième face du conditionnement.

Prenons deux exemples pour illustrer ce dernier aspect du conditionnement.
Le premier exemple est l’eau embouteillée Tangui (eau minérale). A présent que Tangui est conditionné en petit modèle, le consommateur actuel peut désormais, traîner sa bouteille d’eau partout où il va, la consommer dans le taxi, dans la salle d’attente, pendant sa séance de sport…Au final, les occasions de consommer ont été multipliées et le résultat ne peut être qu’une augmentation des ventes.

Un autre exemple, c’est le produit internet. Autrefois pour consommer internet, il vous fallait absolument être devant un ordinateur fixe. Aujourd’hui avec les ordinateurs portables, I-phone et autres, on peut désormais consommer internet à tout moment quand l’idée nous passe par la tête et en tout lieu.
Au travers de nouveaux moyens d’accessibilité (conditionnement), on a presque décuplé la consommation internet.

Ok, Arsène pense que créer un nouveau conditionnement peut poser des dangers pour le mix du produit. Je dirai que c’est une inquiétude justifiée lorsque vous utilisez la première face du conditionnement, et non justifiée lorsque vous utilisez la deuxième face. Je m’explique :

Imaginons que vous avez un produit haut de gamme pour lequel vous avez un mix haut-de-gamme. Si vous créez un nouveau conditionnement pour pénétrer un segment de marché bas de gamme, cela poserait une réelle confusion dans l’esprit du consommateur. Et au cas échéant, ce serait une erreur marketing.

Par contre, si pour ce produit haut de gamme, vous créez un nouveau conditionnement pour accroître la consommation sur votre segment de marché, cela ne pose aucun problème à votre mix-marketing. Toutefois, c’est la preuve que vous n’avez pas été agressif dans le choix de vos domaines d’activités stratégiques (DAS)

Certains doivent se poser la question, à quel moment revêtir cette deuxième face du conditionnement ? Je dirais à tout moment. Mais, cela devient un impératif au fur et mesure que l’on se rapproche de la phase de maturité du produit. En phase de maturité, les ventes d’un produit sont stagnantes. Le produit en son état actuel ne saurait nous amener de nouvelles parts de marché. Un des moyens pour accroître les ventes serait donc de maximiser la consommation des clients actuels. Pour un client qui consomme une unité, comment faire pour qu’il en consomme deux ? Pour répondre à cette question, il s’agira d’identifier les MOMENTS du besoin et de saisir ceux qui ne sont pas exploités.

En physique, la notion d’espace/temps est fondamentale. Pas grand chose ne peut être accomplie, si elle n’est pas prise en compte. Son équivalent en marketing, c’est la notion de besoin/moment qui est également fondamentale. Les ventes n’atteindront jamais leur vrai sommet si elle n’est pas prise en compte. Et un des meilleurs moyens de capitaliser sur ce principe, c’est de prendre en compte la deuxième face du conditionnement.

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Conditionnez Mieux Vendez Plus


Beaucoup d’entreprises pourraient accroître leur chiffre d’affaires simplement en faisant du conditionnement non pas seulement un moyen pour délivrer leurs produits, mais surtout un moyen pour faciliter leur consommation en temps voulu.

Si on vendait la boisson Smirnoff en petit sachets, beaucoup s’en trouveraient comblés : ils pourraient désormais consommer leur bière favorite à tout moment. Le soir avant d’aller se coucher, dans l’après midi après le boulot…Ils satisferaient ce que j’appelle le besoin de « consommation solitaire » en plus du besoin de « consommation amicale ».

Alors qu’il fallait se rendre dans un bar pour consommer sa Smirnoff, on pourrait désormais, à l’aide de sachets discrets et facilement transportables, la consommer à l’endroit de notre choix et au moment voulu.

Voila donc un produit, qui au travers de son conditionnement parviendrait à satisfaire deux besoins distincts. Le résultat ne peut être qu’une augmentation du chiffre d’affaires. Toutefois, une telle décision devrait être prise au regard du revenu et du coût marginal liés au nouveau conditionnement, en faisant attention à l’effet de cannibalisme.
Le conditionnement ne doit pas seulement s’adapter au canal de distribution, mais surtout aux modes de consommation désirés par les utilisateurs. C’est un outil important pour accroître la consommation de ses clients et par conséquent son chiffre d’affaires. Jusqu'à présent, le conditionnement a la plupart du temps été utilisé pour faciliter l’accès aux produits, il serait peut-être temps de l’utiliser pour faciliter la consommation.
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Orange Et Les 22 Lois Du Marketing



Ca fait bientôt dix ans que nous observons les sociétés de télécommunication Orange et MTN se livrer une bataille farouche sur le marché de la téléphonie mobile au Cameroun. À coup de stratégies et d’actions, elles ont chacune essayé de se faire la part du lion du marché. Mais le marketing a ses lois, et ceux qui les transgressent en payent le prix. Voici ci-dessous, les 4 lois qui auraient coûté à Orange sa place de leader.

1. La loi du premier occupant
Orange a obtenu sa licence d’exploitation en Juillet de l’année 1997 et MTN en Février 2000. De ce fait, Orange était donc le premier occupant sur le plan légal. Au lieu de se lancer tout de suite à la conquête du marché, Orange a plutôt commencé par développer son réseau et ses infrastructures.

Pendant ce temps, la société MTN consciente de la première loi du marketing, a choisi de commencer par conquérir le marché avant de s’engager pleinement dans le développement de son réseau et de ses infrastructures. C’est ainsi qu’Orange transgressa la première loi du marketing qui dit : Mieux vaut être le premier que d’être le meilleur

2. La loi de l’esprit
A l’aube de l’explosion du marché de la télécommunication, il était plus facile au camerounais moyen d’avoir un abonnement MTN que d’en avoir un de la société Orange. Pendant que MTN vendaient ses puces à 5.000fcfa, Orange les vendaient à 10.000fcfa. Pendant qu’Orange vendait ses cartes de recharge à 5.000fcfa minimum, MTN proposait des cartes de recharge à 2.500fcfa.

Sans surprise, MTN allait donc gagner le marché des jeunes et des moins nantis, qui représente l’essentiel de la population camerounaise. Par conséquent, MTN devenait le premier dans l’esprit du plus grande nombre. Et, Orange transgressait la troisième loi du marketing : Ce qui compte c’est d’être le premier dans l’esprit des clients

3. La loi de la perception
Qui ne se souvient pas du slogan d’Orange : « the future is bright » ? Beaucoup s’en souviennent, mais très peu savent à quoi il renvoie concrètement. De même, combien se souviennent du slogan de MTN « Stay connect » ? Très peu, mais pourtant beaucoup savent à quoi il renvoie.

Il en resort que le slogan d'Orange était connu mais incompris. Mais, celui de MTN était inconnu, mais parfaitement compris. Ce résultat est donc l’évidence que MTN a fait bon usage de la quatrième loi du marketing : Le marketing n’est pas une bataille de produits, mais de perception

4. La loi de l’échelle
MTN a été la première compagnie à baisser ou à annoncer la baisse de ces tarifs de communication. Ils ont été les premiers à s’engager dans une série de partenariats avec les agents sociaux; les premiers à permettre à leurs abonnés d’utiliser les messages-textes; les premiers à soutenir l’initiative des call-box, et enfin les premiers à fournir ou à annoncer qu’ils fourniraient désormais l’accès à internet.

En manquant d’être premier à innover, Orange transgressait la septième loi du marketing : Adaptez sa stratégie à la place occupée sur l’échelle mentale des clients

Voilà une brève analyse de la bataille que se livrent Orange et MTN. Jusqu’ici MTN a su faire bon usage des 22 lois du marketing, mais la question que beaucoup se posent c’est de savoir si elle saura respecter la loi du succès celle qui dit :Le succès rend arrogant et l’arrogance mène échec

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Sources
Les 22 lois du Marketing
Liens utiles sur MTN et Orange Cameroun



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